Lorsque l’on prononce le nom de l’équipe d’Oklahoma ces deux dernières années, ce n’est jamais – ou quasiment jamais, pour ne froisser personne – pour parler de belles performances sportives. Il faut dire que malgré une jeunesse enthousiasmante, un franchise player de haut standing et des promesses attrayantes, la réalité du terrain nous rappelle que, sous le règne de Mark Daigneault, l’équipe a plus souvent visé la draft qu’autre chose.
Le Thunder a ainsi terminé son dernier exercice avec 29 % de victoires (24 – 58) et un petit chef d’oeuvre de tanking dans la dernière ligne droite, pour s’assurer un haut choix de draft (5 – 28 pour terminer). Pourtant, difficile d’y voir là une véritable déception. Shai Gilgeous-Alexander a démontré qu’il avait très certainement le talent pour qu’une équipe soit construite autour de lui, Josh Giddey a réalisé une saison rookie plus que convaincante et Lugentz Dort, malgré une adresse médiocre, semble avoir passé un cap offensif.
Certes, au-delà même des défaites, tout n’a pas été positif non plus. Certains jeunes de l’effectif, sur lesquels la franchise a quelques espoirs, n’ont pas encore su afficher un niveau constant de NBAer. Pour une équipe qui, pour l’heure, n’a pas d’autres choix que celui de miser sur la jeunesse, cela peut constituer une problématique de taille. Nous ne pouvons donc qu’espérer les explosions d’Aleksej Pokusevski et de Théo Maledon, notamment, pour leur troisième saison dans l’élite.
Alors que les hommes forts du roster ont tous manqué une quantité certaine de rencontres (26 pour SGA, 31 pour Dort, 28 pour Giddey…), signe que l’équipe possède tout de même une certaine marge naturelle d’amélioration, nous pouvons légitimement nous questionner sur la direction que la franchise s’apprête à prendre pour cette nouvelle saison. Un énième bon gros tanking maison, en vue de la draft 2023 qui, apparemment, est très fournie en talent ? Une belle surprise, “à la OKC 2020” ? Il n’y a finalement que deux certitudes : l’objectif majeur demeure le développement des jeunes. Et, enfin, si le bilan comptable de l’équipe est décevant au All-star game, l’équipe devrait “laisser filer” une nouvelle fois, pour mieux rebondir l’an prochain.
In & out : le point sur le roster
Le point sur le roster actuel :
Meneur : Josh Giddey, Ty Jerome, Théo Maledon, Tre Mann
Arrière : Lugentz Dort, Shai Gilgeous-Alexander, Vit Krejci, Aaron Wiggins, Jalen Williams
Ailier : Ousmane Dieng, Eugene Omoruyi, Kenrich Williams
Ailier-fort : Darius Bazley, Aleksej Pokusevski, Jaylin Williams
Pivot : Derrick Favors, Chet Holmgren, Mike Muscala, Jeremiah Robinson-Earl
Phase de l’équipe : entre tanking et renouveau ?
Il y a encore quelques petites semaines, nous aurions pu dire que, pour cette nouvelle saison, OKC avance avec des ambitions renouvelées : quitter les bas-fonds de la conférence ouest pour, pourquoi pas, accrocher une place au play-in tournament ? C’était en tout cas l’objectif clairement affiché par les dirigeants de l’institution. Il faut dire que depuis 2009-2010, la franchise a pour habitude de disputer les playoffs, voire d’y jouer un rôle de trouble-fête (3 finales de conférence, 1 finale NBA).
La draft de l’équipe a été pensée en ce sens. En sélectionnant Chet Holmgren avec le pick #2, le Thunder s’est substantiellement armé des deux côtés du terrain. L’immense pivot (2m14, 88 kilos) est en effet une ancre défensive de qualité et un protecteur de cercle élite, malgré un physique plus proche du tibia de cigogne que du frigo américain. En attaque, l’ancien de Gonzaga possède du touché et participe activement au spacing de son équipe (39 % de loin avec 5 tentatives par match). En somme, celui qui était longtemps projeté en tant que premier de sa cuvée devait immédiatement se voir confier un rôle prépondérant dans l’équipe. Devait.
Effectivement, au cours d’une rencontre disputée sur le circuit pro-am, face notamment à LeBron James, Chet Holmgren s’est blessé sur une action somme toute anodine : James drive dans la raquette, Holmgren réalise un bon contest et, en retombant, se rompt un ligament du pied droit. Opéré avec succès à la fin du mois d’août, il sera absent toute la saison. Et un de Chet.
Il s’agit d’un coup dur pour les ambitions du Thunder, qui, hormis les autres rookies dont nous parlerons ci-dessous, n’a pas tenté d’attirer de nouveaux joueurs au cours de l’été. Globalement, Oklahoma va débuter cette saison 2022-23 avec un effectif quasi-similaire à celui de l’année dernière. Dès lors, difficile d’imaginer que les hommes de Daigneault vont soudainement entamer leur renouveau florissant cette année. Certes, si les joueurs majeurs du roster disputent l’intégralité de la saison, la possibilité de voir SGA et cie se mêler à la lutte pour les dernières places du play-in n’est peut-être pas totalement à exclure. Il ne nous semble cependant pas que ce soit l’hypothèse la plus probable, malheureusement.
Il se peut en effet que ledit renouveau attende encore une année de plus, et cela pour deux raisons. Premièrement, dans une grosse année, Holmgren devrait enfin faire ses grands débuts en NBA et, nous l’avons mentionné, son apport devrait être immédiat et positif. Deuxièmement, le Thunder possède 5 picks lors de la draft 2023 (2 premiers tour, le sien et celui des Clippers, 3 seconds tour, le sien, celui de Washington et celui de Dallas ou de Miami). Or, faire une troisième saison pourrie consécutive offrirait une opportunité de récupérer Victor Wembanyama, Scoot Henderson ou encore l’un des jumeaux Thompson, pour enfin refaire décoller le navire. Nous sommes toutefois là dans l’uchronie. Laissons la de côté pour évoquer l’été de la franchise.
Les tendances de l’été
Une draft en fanfare…
C’est devenu un running gag, puis une manière de se moquer de la gestion de la franchise : la draft est inévitablement associée au Thunder et à son dirigeant, Sam Presti. La cuvée 2022 est venue renforcer le stéréotype qui veut qu’OKC doive sélectionner à trois reprises dans le top 15 pour que la soirée soit considérée comme normale. Car c’est exactement ce qui s’est passé.
Nous avons vendu la première mèche : avec le choix #2, c’est Chet Holmgren qui a été sélectionné, sans que l’on trouve quelque chose à y redire, tant le choix semble pertinent à la vue du roster de l’équipe, qui ne possédait pas de vrai pivot qui s’inscrive dans le projet actuel, centré autour des jeunes.
Suite au trade de Paul George aux Clippers, Oklahoma possédait également un second choix dans la loterie, avec le 12ème pick. L’institution a toutefois fait parler d’elle avant cela, en s’activant au soir de la draft pour récupérer le choix précédent, qui appartenait jusqu’alors aux Knicks de New York. Selon toute vraisemblance, le front-office avait un joueur dans le viseur et il ne s’agissait ni plus ni moins que d’Ousmane Dieng, notre frenchy. L’ailier aux dimensions durantesques (2m07, 97 kilos) paraît, de prime abord, aussi filiforme que ne l’est Holmgren. Cependant, si sa dureté a pu lui être reprochée, le très jeune homme (19 ans), passé l’an dernier par les New Zealand Breakers, possède un profil particulièrement intrigant.
Doté d’une capacité de playmaking rare pour sa taille, d’un handle intéressant et d’un tir qui ne demande qu’à être peaufiné, Dieng est une sorte d’hybride comme la NBA en recherche ces dernières années. Nous ne pouvons que lui souhaiter de s’épanouir dans la pouponnière du Thunder et de tenir l’ensemble de ses promesses, ce que les derniers français draftés haut peinent globalement à faire (Killian Hayes, Sekou Doumbouya, Frank Ntilikina).
Avec le choix suivant, le douzième, la franchise s’est à nouveau ruée sur un poste 3 / 4, Jalen Williams. Doté d’une envergure ahurissante (1m98 de haut, 2m18 d’envergure) et présenté comme un excellent attaquant, aussi bien balle en main qu’au tir (36 % de réussite de loin, en 3 tentatives), Williams possède un panel de qualités qui ressemblent quelque peu à celles de Dieng. Plus âgé (21 ans), celui qui a réalisé 3 années sur le cursus universitaire s’est imposé comme une très belle surprise au cours de la Summer League. À l’heure actuelle, il présente un plancher plus élevé que celui de Dieng, mais il n’est certainement pas à exclure que les courbes viennent à se croiser d’ici quelques années.
Il n’était pas encore tout à fait temps de rendre son tablier, puisqu’avec le 34ème choix, c’est Jaylin Williams, ancien pivot d’Arkansas, qui a été choisi. Bon défenseur, efficace au rebond de son côté du terrain, le second Williams demeure encore frustre en attaque. Il y a d’ailleurs fort à parier qu’on ne lui demandera pas de faire grand chose d’autre que de galoper d’un cercle à l’autre et de capter quelques lobs (2m16, 107 kilos).
En somme, Oklahoma s’est substantiellement renforcé sur les ailes et dans le secteur intérieur, en recrutant pas moins de 4 bonhommes qui, sur le papier, pourraient tous apporter dès l’année 1, bien que celle-ci soit différée pour Holmgren.
… puis le néant
Après un début d’été en fanfare, les dirigeants de la franchise ont piqué un très long roupillon, avec un réveil par-ci, par-là. Ainsi, Lugentz Dort s’est vu proposer une très belle extension, lui qui percevait jusqu’alors un salaire qui ne reflétait pas son apport sur le terrain. L’arrière s’est engagé pour 4 années pour le compte de sa franchise de toujours, contre un chèque global de 82 500 000 M$. L’an prochain, il multipliera son salaire par 8,5 et personne ne trouvera quelque chose à y redire.
La suite ? Aussi chargée qu’un mauvais épisode de l’Inspecteur Derrick. Isaiah Roby et JaMychal Green ont été coupés et Mike Muscala a rempilé pour 3 ans et 7 M$. C’est tout ? C’est tout, si l’on excepte la Summer League, dont on peut rapidement parler, sans revenir sur les performances de Jalen Williams.
Chet Holmgren y a étrenné les couleurs de la franchise pour la première fois, avec un bilan somme toute très correct : 12 points (46,4 % au tir, 43 % de loin, 87,5 % aux lancers), auxquels il a ajouté 7,7 rebonds, 2,3 passes décisives, 2,3 interceptions et 2 contres sur l’ensemble des 3 rencontres. Très belles premières impressions, et il nous tarde de le revoir rapidement sur un terrain de basketball.
Quid des deux autres rookies ? Concernant Dieng, les débuts ont été faits de haut et de bas. Retenons, par exemple, son match accompli face aux Kings, terminé avec 12 points (5 / 8 au tir) et 7 rebonds en 23 minutes. Encore une fois, son profil de diamant brut va nécessiter du temps et de la patience pour être poli. Il termine sa campagne de Summer League avec 11 points (45 % au tir, 14,3 % de loin, 60 % aux lancers) et 6,5 rebonds.
Hormis les premiers ébats professionnels de la jeunesse, l’été du Thunder a globalement ressemblé à un trajet nocturne dans la diagonale du vide. Pour autant, il n’y a peut-être là rien d’étonnant. Oklahoma n’est pas un gros marché et n’attire pas de gros agents libres. De surcroît, avec l’ajout de Holmgren dans le cinq majeur, accompagné de Josh Giddey, SGA, Lu Dort et un autre intérieur (Favors, Robinson-Earl, Muscala…), l’effectif n’avait guère besoin de renfort de renom. Il fallait attendre, jouer et voir. La blessure du #2 de la draft libère une place dans la raquette, qui pourrait profiter, chez les jeunes, aux deux Williams, mais aussi à Dieng.
Focus sur la saison 2022-23 du Thunder
Développement et encore développement
Ce sera évidemment l’objectif numéro 1 de la franchise. Ainsi que le second, le troisième et les autres. Le roster du Thunder est truffé de joueurs qui ne peuvent encore prétendre à boire légalement une bière sur le territoire américain. Né le jour saint du 12 juillet 1998, SGA fait figure de vétéran du vestiaire. Dort est né en 1999, Bazley, Robinson-Earl, en 2000, Mann, Maledon, Poku et Jalen Williams en 2001, Holmgren, Jaylin Williams et Giddey en 2002 et Ousmane Dieng en 2003 !
Dès lors, même si nous avons commencé – et nous continuerons – à marteler que la victoire (re)commence à devenir impérative, il ne s’agit évidemment pas de viser l’avantage du terrain pour les futures playoffs. Il est surtout nécessaire que cette armée de gamins puisse se développer au mieux. Il y a une petite quinzaine d’années, OKC s’était d’ailleurs fait une spécialité de développer ses jeunes stars. Ce n’est pas Durant, Harden ou Westbrook qui répondront le contraire.
Certes, les jeunes loups susmentionnés n’ont certainement pas le talent de ces trois MVP. Néanmoins, peu importe l’altitude de leur plafond, il est avant tout nécessaire qu’ils l’atteignent. Si tel est le cas, l’avenir à moyen et long terme pourrait être radieux dans l’Oklahoma.
Le développement, évidemment sportif, est également humain. En amont de la draft, certains observateurs s’inquiétaient de voir Holmgren atterrir à Houston, alors que sa mentalité, calme et réservée en apparence, jurait terriblement avec celles des Jalen Green et autre Kevin Porter Jr. Il serait bon de voir le vestiaire se muer en un véritable collectif et que l’addition d’individualité se transforme en une synergie commune. Ce serait là un excellent début, en attendant que les victoires tombent dans la besace du bilan collectif.
Éviter la grogne
Nous n’inventons rien. Combien de fois avons-nous entendu qu’il serait logique qu’un joueur de l’envergure de Shai Gilgeous-Alexander force la main de ses dirigeants pour obtenir son trade si jamais OKC réalisait à nouveau une saison sans aucune ambition ?
Pour l’heure, rien ne semble aller en ce sens. D’ailleurs, il y a des stars, voire des superstars, qui ont vécu des périodes compliquées au sein de leur franchise sans pour autant souhaiter voir ailleurs. On pense par exemple à Damian Lillard, qui va entamer sa 10ème saison NBA et qui, hormis une finale de conférence en 2019, n’a franchement pas eu grand chose à se caler sous les dents du côté de Portland.
Cependant, dans un collectif aussi juvénile que celui du Thunder, il se pourrait que l’impatience pointe doucement le bout du museau. Lorsqu’on sait que, bien souvent, une carrière dure une quinzaine d’années, il peut être difficile de se dire que l’on va en “gâcher” une troisième consécutive, alors même que l’on possède le niveau d’un excellent lieutenant.
Aussi, dans l’optique de ne pas épuiser le “capital patience” de sa star, il serait de bon ton que la franchise surprenne, dans le bon sens du terme. Le développement actuel pourrait d’ailleurs tout à fait s’appliquer à Lugentz Dort, dont le profil défensif est recherché par l’ensemble des franchises prétendantes au titre. Il arrivera bien un jour où ceux qui ont le talent, l’ambition ou les qualités pour jouer autre chose que la future loterie vont s’impatienter. Rien ne pourrait arriver de pire au Thunder : alors que l’équipe pouvait légitimement, cette année, retrouver un semblant de compétitivité, il serait déprimant de voir ses plus grands talents s’expatrier ailleurs dans le pays et de recommencer à nouveau cette reconstruction interminable.
Qu’est-ce qu’on veut voir cette saison ?
Un plus taquin que moi aurait répondu “pas les matchs”. Ce serait cependant grossir abusivement le trait. En effet, la saison à venir d’OKC n’est pas dénuée de tout intérêt. Dans un premier temps, nous aimerions voir une attaque plus performante que celle de l’année écoulée. La tâche n’est pas des plus ardues, puisque le Thunder a terminé l’exercice régulier avant l’avant dernier offensive rating. Sur le papier, l’équipe possède quelques atouts de ce côté du terrain, avec deux ball-handler de qualité, capables de créer aussi bien pour les autres que pour eux-mêmes.
Ensuite, et cela va de paire, il serait souhaitable que les têtes de gondole de l’effectif puissent disputer une saison pleine. Au cours des deux dernières saisons, SGA n’a disputé que 91 rencontres régulières. Son développement est impressionnant depuis son arrivée à Oklahoma, mais il est nécessaire qu’il joue plus souvent, dans l’optique de passer un nouveau cap. Si le début de la saison est surprenant, pourquoi ne pas rêver de voir le natif de Toronto en ballotage favorable pour disputer son premier All-star game ? Il aura très certainement les statistiques individuelles pour y prétendre, il ne reste qu’à remporter quelques rencontres. Le voir disputer un exercice complet dépendra également des envies de la franchise, qui a pris pour habitude de laisser ses meilleurs éléments au repos forcé une fois le printemps venu pour s’octroyer les chances d’obtenir un très bon pick de draft.
Espérons d’ailleurs que cette saison soit celle du renouveau collectif et qu’OKC puisse accrocher l’objectif qui était le sien avant la blessure de Holmgren : le play-in tournament. Il serait en effet bon de revoir la franchise rejouer “quelque chose”, quand bien même sa période de “disette” n’est finalement pas aussi longue qu’elle n’en donne l’impression.
Enfin, concluons cette preview avec un souhait des plus positifs. Nous n’avons eu de cesse de le répéter, cette équipe du Thunder est extrêmement jeune. Au lancement de la saison, ils ne seront que 3 à être âgés de plus de 25 ans et 11 à avoir vu le jour après le 1er janvier 2000 ! Dès lors, qu’espérer d’autre que de voir cette équipe jouer avec la fougue propre à la jeunesse ? Du rythme, du spectacle et surtout aucun complexe. Parce que si, pour Montherlant, la jeunesse est le temps de l’échec, rappelons que selon Socrate, rien n’est impossible pour elle. Nous ne demandons qu’à voir.
Notre Preview vidéo
L’avis de @WeAreThunder_FR, @OKCThunderFR
1/ Votre avis sur l’intersaison ?
@WeAreThunder_FR : Globalement, c’est une intersaison réussie. On ne s’attendait pas à grand-chose en termes de trade et de signature. L’essentiel a été fait avec la prolongation de Lu Dort pour un prix élevé mais honnête. Notre moment fort était la draft, et OKC en est ressorti gagnant. Holmgren était notre choix en 1, on l’a eu en 2. Malgré sa blessure, il est le joueur qu’il fallait à la franchise. Derrière, on draft Jalen Williams qui va très probablement devenir très utile dans le futur, et Ousmane Dieng, un pari que Presti avait envie de tenter depuis un moment. Si on a été surpris du trade pour avoir le choix 11 dans un premier temps, on est satisfait de ce qui a été réalisé, comme la plupart des insiders.
@OKCThunderFR : Une intersaison marquée par la Draft, qui, contrairement à l’année passée, nous a redonné le sourire puisque nous nous sommes retrouvés avec le pick 2, et le pick 12, celui des Clippers, obtenu dans le trade de Paul George, et un pick de début de second tour. Pick 2, Chet Holmgren, l’élément qui manquait à OKC : un grand, défenseur déja élite, pour protéger une raquette qui manquait cruellement de dissuasion. La suite, on la connait, nous ne verrons probablement pas Chet cette année après une blessure au pied, qui, on le rappelle, n’a rien à voir avec son physique relativement ingrat. On s’attendait à ce que Presti essaye de grimper pour monter dans le Top 10, il a surpris tout le monde en lâchant trois futurs 1st aux Knicks… pour aller chercher Ousmane Dieng en 11. Un choix étonnant, d’autant plus qu’il restait du Griffin ou Duren, mais on fait confiance au board. Presti suit Ousmane depuis trois ans, et malgré une Summer League moyenne, il aura forcément sa carte à jouer l’année prochaine. En 12, Jalen Williams. La plus grosse satisfaction de cette SL, un joueur prêt pour la NBA. Gros défenseur, intelligent avec ou sans la balle, bref, le gars sait tout faire. Seul doute, il ne semble pas avoir de caractéristique élite, à voir dans le futur. Il aura ses 25 minutes de temps de jeu par soir, et pas étonné si on le retrouve dans la All-Rookie 1st Team en fin de saison. Dernier pick, JAYlin Williams, à ne pas confondre avec son prédécesseur. Un vrai soldat, besogneux, avec une qualité élite : le jeu de passe. Hormis Jokic, j’ai rarement vu un pivot avec de telles capacités dans ce domaine. Après, pour le reste, il y a du boulot, mais le gars à la mentalité adéquate et lui aussi aura du temps de jeu. Concernant les départs et arrivées, pas grand-chose à signaler : des départs mineurs, dont celui d’Isaiah Roby, et de JaMychal Green, qui n’a jamais porté les couleurs du Thunder. Le management s’est concentré sur les prolongations de plusieurs joueurs : Luguentz Dort, 87.5 millions sur 5 ans (4 garanties) Kenrich Williams, 27 millions sur 4 ans (3 garanties) Deux contrats mérités pour deux joueurs qui incarnent parfaitement la mentalité Thunder. Ravi de les avoir parmi nous pendant longtemps. Mike Muscala a été résigné pour 7 millions sur 2 ans, très content de ce deal. Il tournait à 43% à trois points l’année dernière et joue parfaitement le rôle de grand frère pour encadrer toute cette jeunesse. Quelques recrues côté staff technique également, en particulier Chip Engelland, ancien assistant coach aux Spurs. Il est connu pour être l’un des meilleurs dans un domaine où OKC a d’énormes lacunes : le shoot. Hâte de voir les progrès de nos joueurs dans ce secteur. L’effectif doit encore être allégé puisque 19 joueurs composent actuellement le roster. Deux vont être coupés, la décision s’effectuera après le training camp. Théo Maledon, Vit Krejci, Aaron Wiggins et Ty Jerome ; 4 joueurs donc pour 2 places.
2/ L’équipe repart pour une année de tanking : comment gérer le cas Shaï Gilgeous ?
@WeareThunderFR : Normalement, cette question ne devrait même pas se poser. SGA a resigné et entre dans son contrat max. Il ne montre aucun signe de mécontentement ou de lassitude, bien au contraire il semble particulièrement motivé et attaché à la franchise et à ses coéquipiers. Les questions sur son futur sont certes compréhensibles, surtout avec la blessure de Chet, mais se base uniquement sur d’autres exemples de joueurs, et non sur des vraies rumeurs. Shai paraît d’ailleurs intransférable pour Presti. Maintenant, même en cas de tanking, Shai doit jouer. On espère vraiment que même si cette saison est marquée par de nombreuses défaites, la majorité des joueurs jouent presque tous les matchs, afin de pouvoir créer une vraie base collective. Cela peut être aussi la saison où il montre qu’il est une vraie première option et qu’il a le niveau d’un All-Star.
@OKCThunderFR : Que les choses soient claires, SGA est verrouillé et ne bougera pas d’OKC dans un avenir proche. Il joue à un niveau All-Star, mais on attend toujours de lui qu’il le réalise sur une saison entière, ce qui n’est toujours pas arrivé jusque-là. Il entre dans la première année de son contrat-max (même contrat que MPJ, Trae et Luka), il DOIT attaquer la saison comme il a terminé la précédente et être à Utah pour le ASG. Concernant son potentiel ras-le-bol, ça n’est pas d’actualité pour le moment. Il est même impliqué dans la reconstruction par Presti lui-même. C’est vrai que la blessure de Chet ralentit le processus, mais Shai a bien compris une chose : patience est mère de sûreté. Pas de panique dans l’Oklahoma, Shai se sent parfaitement bien ici et son aventure avec OKC n’en est qu’au début.
3/ Si vous deviez donner deux joueurs à suivre de près cette saison ?
@WeAreThunderFR : L’évidence serait de mentionner SGA et Giddey dans cette catégorie. En effet, on attend beaucoup de leur association, et cette saison sera une très bonne occasion de voir si cela fonctionne, et comment il s’adapte l’un à l’autre. En espérant qu’ils jouent chacun de nombreux matchs… Au-delà de nos deux playmakers, le premier joueur à suivre est Darius Bazley. Contrairement à Dort, il n’a pas été prolongé cet été, et il est donc en contract year. L’année dernière, après un début de saison moyen, il s’est bien adapté à son nouveau rôle après un passage sur le banc, et on a apprécié son utilisation en small ball 5. On espérait le voir se développer en bon complément de Chet. Mais avec la blessure du pick 2, il va gagner en responsabilité, et sera l’ancre défensive principale en défense à l’intérieur. A lui de prouver qu’il peut tenir ce rôle. Le deuxième joueur à suivre est Aleksej Pokusevki. Cel va être la troisième saison de Poku, et il doit montrer de vrais progrès cette année. Depuis sa draft, on est sur un projet à long terme avec lui. Mais il doit montrer une certaine évolution physique et dans le jeu pour gagner une place fixe dans le roster. Sinon, son aventure en NBA pourrait prendre fin bien trop rapidement à mon goût.
@OKCThunderFR :
Shai Gilgeous-Alexander : Pour les raisons évoquées précédemment. Il débute son contrat et doit prouver qu’il le mérite. Il a terminé l’année en 30/7/7 sur un span de 15 matchs, on attend celui qu’il débute sur le même rythme, ou presque.
Josh Giddey : Après une première saison réussie malgré son injuste absence dans la All Rookie 1st Team, on attend là aussi des progrès, notamment niveau tir extérieur pour Josh. Le travail avec le Engelland sera le principal axe de progression à surveiller cette saison. On le compare souvent à Jason Kidd, il doit suivre cette trajectoire, il en a les capacités. Son jeu de passe est l’un des meilleurs de la Ligue, déjà, à même pas 20 ans, c’est un argument suffisant pour qu’il soit l’une des principales attractions du Thunder l’année prochaine.